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Tchowgân (le Polo) - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Tchowgân (le Polo)

Tchowgân et polo

Le tchowgân (persan : چوگان, aussi transcrit chogān, chovgan ou tchogân) est un jeu équestre collectif originaire de l’ancienne Perse, généralement considéré comme l’ancêtre du polo moderne. Il combine équitation, manipulation d’une balle à l’aide d’un maillet et compétition entre deux équipes.

Le polo moderne, codifié au XIXe siècle en Inde britannique, est largement considéré comme une adaptation et une formalisation de jeux équestres traditionnels asiatiques, dont le tchowgân constitue la principale origine historique.

Le tchowgân est inscrit en 2017 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO sous le nom Chogān, a horse-riding game accompanied by music and storytelling [1].

Étymologie
Le terme tchowgân désigne à la fois le jeu et le maillet utilisé pour frapper la balle. Les variantes linguistiques incluent chogān, chovgan et tchogân.

Le mot « polo » utilisé pour la version moderne est généralement associé au tibétain pulu (« balle »), bien que cette origine fasse débat dans la littérature linguistique [4].

Origines du tchowgân
Les origines du tchowgân sont généralement situées dans l’ancienne Perse entre la période achéménide (VIe–IVe siècle av. J.-C.) et la période sassanide (224–651 apr. J.-C.), sans consensus exact sur la datation.
Selon l’UNESCO, il s’agit d’un jeu équestre ancien associé à des pratiques musicales et narratives [1].
Initialement, le tchowgân aurait servi d’entraînement militaire pour les cavaliers perses, développant la maîtrise du cheval et les compétences tactiques.

Développement historique

Période sassanide
Sous l’Empire sassanide, le tchowgân est attesté comme activité aristocratique et militaire. L’Encyclopaedia Iranica le décrit comme un jeu pratiqué par les rois et les nobles, utilisé à la fois pour le divertissement et l’entraînement [2].

Monde islamique médiéval
Le tchowgân est adopté sous les Abbassides à Bagdad et intégré aux pratiques de cour. Des sources littéraires attestent sa présence dans les élites du monde islamique médiéval [9].

Le poète Abû Nuwâs y fait référence dans ses œuvres, confirmant sa diffusion au VIIIe siècle [10].

Diffusion en Asie et au-delà
Le jeu se diffuse progressivement :
  • en Asie centrale
  • en Chine et au Tibet
  • en Inde
  • dans le monde mongol
Certaines sources évoquent également des échanges symboliques entre l’Empire byzantin et la Perse sassanide incluant des représentations du jeu [8].


Le tchowgân dans la littérature persane
Le tchowgân apparaît dans plusieurs œuvres majeures de la littérature persane :

  • Ferdowsi, Shâhnâmeh (Xe–XIe siècle)
  • Nezâmi, Khosrow o Shirin
  • Nezâmi, Sharafnâmeh
  • Saadi, Rûmî, Attâr et Djâmi

Dans ces textes, le tchowgân est souvent associé à la noblesse, à la bravoure et à la culture de cour.
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Description traditionnelle du jeu

Selon le Ghâbousnâmeh (XIe siècle), le jeu oppose huit cavaliers répartis en deux équipes, avec une organisation entre défense et attaque [6].

Le Adâb al-harb va al-shodjâ’a (XIIIe siècle) décrit également des techniques d’entraînement équestre liées au tchowgân, incluant des exercices de maniabilité et de contrôle du cheval au galop [7].

Le polo moderne
Codification
Le polo moderne est codifié au XIXe siècle par des officiers britanniques en Inde, à partir de jeux équestres locaux inspirés du tchowgân.

Le premier club est fondé à Silchar en 1859, puis le jeu est structuré à Calcutta et introduit en Angleterre dans les années 1870.

L’Encyclopaedia Britannica indique que le polo moderne a été développé par des officiers britanniques en Inde au XIXe siècle [4].


Règles générales
Le polo oppose deux équipes de quatre joueurs à cheval.

Objectif :
  • marquer des buts en frappant une balle avec un maillet.

Caractéristiques principales :
  • terrain : environ 275 m × 145 m
  • buts : 7,50 m de largeur
  • balle : 8,5 cm de diamètre
  • match : plusieurs périodes appelées chukkas (généralement 4 à 8)

La règle centrale est la ligne de la balle, interdisant les franchissements dangereux après le dernier coup joué.

Équipement

Chevaux
Les chevaux de polo sont équipés de protections spécifiques :

  • crinière parfois tondue
  • queue tressée
  • protections des membres
  • cloches de sabots parfois utilisées

Une martingale est souvent utilisée pour limiter les mouvements brusques de la tête.

Cavaliers
Les joueurs portent :

  • casque homologué
  • protections des jambes
  • éperons réglementés

Les équipements dangereux ou non conformes sont interdits selon les règlements internationaux.


Compétitions internationales
Le polo est régi au niveau international par la Fédération internationale de polo (FIP).

Parmi les compétitions majeures figurent plusieurs tournois organisés en Argentine :

  • Abierto de Palermo
  • Abierto de Hurlingham
  • Abierto del Tortugas Country Club

Le championnat du monde FIP est organisé tous les trois ans depuis 1989.


Diffusion mondiale du polo
Après son introduction par les Britanniques, le polo se diffuse rapidement :

  • Europe (France dès 1875)
  • États-Unis (1876)
  • Amérique du Sud (fin XIXe siècle)

L’Argentine devient progressivement le principal centre mondial du polo moderne au XXe siècle.


Tchowgân contemporain
Le tchowgân a connu un déclin en Iran au cours des XIXe et XXe siècles, puis une réorganisation partielle avec la création de structures sportives modernes.

Une fédération nationale est fondée en 1971.

Le sport reste cependant limité par ses coûts élevés et ses exigences techniques (plusieurs chevaux par joueur, maîtrise équestre avancée) [11].


Tchovgan en Azerbaïdjan
Une variante appelée tchovgan est pratiquée en Azerbaïdjan. Elle a été inscrite en 2013 sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente par l’UNESCO [5].


Sports apparentés
Le tchowgân et le polo appartiennent à une famille de sports équestres ou collectifs incluant :

  • bouzkachi (Asie centrale)
  • pato (Argentine)
  • polo à bicyclette
  • water-polo
  • kayak-polo
  • polo sur éléphant
  • auto-polo (forme historique)



Notes et références (renumérotées)
[1] UNESCO, Chogān, a horse-riding game accompanied by music and storytelling, 2017.
[2] Encyclopaedia Iranica, article « Polo ».
[3] UNESCO, Traditional Horseback Games and Equestrian Sports along the Silk Roads.
[4] Encyclopaedia Britannica, article « Polo ».
[5] UNESCO, inscription tchovgan (Azerbaïdjan), 2013.
[6] Azarnoush, A., Tchowgân be sabk-e irâni, 1996.
[7] Ibid.
[8] Mohseni, K., Târikhtche-ye bâzi-e tchowgân.
[9] Inostrantsev, K., Études sur les Sassanides.
[10] Azarnoush, A., op. cit.
[11] Nâsseri, A. H., Na gouy na meydân, 2002.

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