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Le Premier Chapitre de la Richesse Silencieuse - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Le Premier Chapitre de la Richesse Silencieuse

Chapitre 01 — Géographie et position · IRAN, Cette Richesse Silencieuse · Pasargades
Depuis un intérieur parisien, un livre consacré à l'Iran et une tablette ouvrent une perspective sur la richesse silencieuse du pays
Un regard neuf sur l'Iran — comprendre avant de conclure

Pourquoi un pays si riche reste-t-il si mal connu ?

Premier ChapitreGéographie et position

Reliefs, climats, façades maritimes : le socle physique et la répartition territoriale — le premier des vingt-deux chapitres d'« IRAN — Cette Richesse Silencieuse », ouverture de l'Acte I · La Dotation.

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Un inventaire. Un diagnostic. Des trajectoires.

Ouverture

Préface

Je me suis toujours posé la question qui m'a amené à écrire ce livre : pourquoi l'Iran, avec tant de richesse humaine, culturelle, historique, minière entre autres, n'est pas au niveau de pays tels que les pays européens, la Chine, la Corée du Sud, le Japon ?

Je me souviens du soir où cette question s'est posée à moi pour la première fois, sans que j'en aie encore les mots. C'était en novembre 1977, à peine un mois après mon arrivée en France. Un soir, après les cours à la faculté des sciences économiques de Pessac, j'étais entré dans un café à Bordeaux, debout au comptoir. Un jeune homme a engagé la conversation. Je lui ai dit que j'étais étudiant iranien. Il m'a répondu qu'il avait visité l'Iran — je ne saurai jamais s'il plaisantait ou non — puis m'a demandé si ma famille possédait des puits de pétrole.

J'ai souri, un peu surpris, un peu amusé — et j'ai compris, ce soir-là, la distance qui séparait ce que la plupart des gens croyaient savoir de l'Iran de ce que ce pays était réellement. Un cliché en tenait lieu, quand il y aurait eu, à raconter, sept mille ans d'histoire, une agriculture de niches introuvables ailleurs, une jeunesse qui remplissait déjà les amphithéâtres. C'est cet écart-là, entre l'image et la réalité, que ce livre a fini par vouloir combler.

Ce livre n'est pas né d'une conviction à démontrer, mais d'un manque à combler : je n'ai jamais trouvé, sur ce sujet, un état des lieux suffisamment complet et suffisamment sourcé pour remplacer les impressions par des données vérifiables. C'est exactement l'objet de cet ouvrage — un état des lieux, rien de plus, rien de moins : documenter ce que l'Iran possède réellement, secteur par secteur, en s'appuyant sur les sources les plus solides disponibles — organismes internationaux, agences spécialisées, données géologiques et économiques publiées —, sans slogan et sans conclusion prédéterminée.

Je ne l'ai pas écrit en spécialiste des relations internationales, ni en économiste de formation. Je l'ai écrit parce que je connais ce pays de l'intérieur autant que de l'extérieur — par les lieux, par les chiffres, mais aussi par les gens — et que cette double position, entre proximité et distance, m'a semblé être la bonne place pour établir cet inventaire sans le déformer.

Ma méthode a donc été simple, presque obstinée : pour chaque donnée avancée, remonter à la source la plus fiable disponible, distinguer ce qui est solidement établi de ce qui reste à confirmer, et le signaler chaque fois que c'est le cas. Le lecteur trouvera, à plusieurs endroits de ce livre, des chiffres présentés avec leurs marges d'incertitude plutôt qu'avec une fausse précision — c'est un choix délibéré, cohérent avec l'objet même de l'ouvrage. Ce travail est l'aboutissement de plus de deux années de recherche, engagées en avril 2024 et poursuivies jusqu'à l'achèvement de cet ouvrage.

Ce qui distingue, je crois, ce livre des autres ouvrages écrits sur l'Iran, c'est précisément cette absence de thèse à vendre. Il ne raconte ni une catastrophe ni un miracle. Il pose une question simple à partir de données vérifiées : qu'est-ce qui sépare un pays de son propre potentiel ?

Je n'apporte pas de réponse définitive. Je propose un inventaire aussi rigoureux que possible, à partir duquel chaque lecteur pourra se forger la sienne.

Ata — Pasargades, septembre 2026

Acte I · chapitres 1 à 11

La Dotation

monde ne peut aligner simultanément les mêmes atouts.

La Dotation · Chapitre 01 / 22

Géographie et position

Reliefs, climats, façades maritimes : le socle physique et la répartition territoriale.

Damavand, 5 610 mètres, domine Téhéran par temps clair — un cône enneigé qu’on aperçoit depuis les embouteillages de l’autoroute Chamran, ce qui donne une idée assez juste de ce pays : une capitale de 18 millions d’habitants qui vit sous un volcan, dans une ville construite sur une faille active. L’Alborz, la chaîne dont Damavand est le sommet, court sur 900 kilomètres le long de la Caspienne, avec d’autres sommets qui dépassent souvent l’entendement européen du mot montagne — le Sabalan (4 811 m) et le Sahand (3 707 m) plus à l’ouest. Elle porte aussi du cuivre, du plomb-zinc, dans un sous-sol qu’on oublie parce que le volcan capte tout le regard. Au sud de cette barrière, tout devient sec. Au nord, c’est le Gilan et le Mazandaran, une pluviométrie digne de l’Asie du Sud-Est à quelques heures de route du désert.

Le vrai massif, cependant, c’est le Zagros. Il descend en diagonale depuis la frontière turque jusqu’au détroit d’Ormuz, plus de 1 500 kilomètres, avec des sommets qui frôlent les 4 500 mètres — le Zard Kuh (4 548 m), le Dena (4 409 m) — et il faut le dire simplement : sans lui, il n’y aurait pas de pétrole iranien. Les plis de calcaire qu’a produits la collision entre l’Arabie et l’Eurasie sont devenus, au fil de dizaines de millions d’années, les pièges géologiques où les hydrocarbures se sont accumulés. Le Zagros n’est pas un décor pour la richesse pétrolière du pays — c’est littéralement l’endroit où elle a été fabriquée, plissement après plissement. Il porte aussi du chrome, du calcaire, du gypse, du sel et du phosphate, des forêts de chênes qui tiennent encore, des peuples bakhtiaris, qashqaïs et kurdes qui pratiquent la transhumance comme leurs grands-parents, et trois grandes rivières — le Karoun, le Karkheh, le Dez — qui alimentent les grands barrages du pays. En contrebas, la plaine du Khouzestan, chaude et fertile, est littéralement le grenier à pétrole du pays.

Entre les deux chaînes, le plateau central s’étend sur environ 700 000 km², près de la moitié du territoire, à 900-1 500 mètres d’altitude, et c’est là que vivent Ispahan, Yazd, Kerman, Qom, Kashan, Semnan — des villes bâties, historiquement, sur des mines de cuivre, de fer, d’uranium, de gypse et de sel plus que sur l’agriculture. Deux déserts s’y trouvent, et ils n’ont rien d’anecdotique : le Dasht-e Kavir, environ 77 000 km² d’étendue salée entre Semnan et Ispahan, et le Lut, environ 51 800 km², classé à l’UNESCO en 2016 pour ses yardangs spectaculaires — les Kaluts —, où l’on a mesuré 71,2°C en surface, le record absolu sur Terre, toutes stations confondues. Plus au sud-est, le Kuh-e Taftan (3 941 m), volcan encore actif du Sistan-Balouchestan, referme ce tableau minéral. On ne cultive rien au Lut. On pourrait, en revanche, y installer des centrales solaires sur des étendues où personne ne se disputera jamais un mètre carré de terre arable.

Peu de pays offrent une palette climatique aussi large sur un territoire continu. On en distingue classiquement sept, de l’humidité subtropicale du littoral caspien à l’aridité totale du Lut :

Sept zones climatiques pour un seul pays
Zone climatiqueLocalisationCaractéristique
Subtropicale humideLittoral caspien (Gilan, Mazandaran)Fortes précipitations, riz, thé, forêts hyrcaniennes
MéditerranéennePiémonts du Zagros occidentalHivers doux et humides, étés secs
Semi-aride continentalePlateau central, AzerbaïdjanAmplitude thermique marquée, céréales pluviales
Aride désertiquePourtour du Dasht-e KavirOasis, qanats, agriculture irriguée
Hyper-arideDésert du LutQuasi absence de vie, potentiel solaire maximal
Tropicale chaudeLittoral du golfe Persique et mer d’OmanChaleur et humidité élevées, dattes, pêche
MontagnardeHauts massifs de l’Alborz et du ZagrosNeige persistante, élevage transhumant

Sept zones climatiques structurent l’agriculture, l’urbanisation et le potentiel énergétique du pays.

Deux mers bordent le pays, et elles n’ont presque rien en commun.

Au nord, la Caspienne — un lac, techniquement, le plus grand du monde — offre 900 kilomètres de côte et atteint 1 025 mètres de profondeur dans sa partie sud.

Elle vit de la pêche à l’esturgeon et du kutum, de gisements offshore encore mal connus, de ports comme Bandar Anzali, Noshahr, Amirabad et Astara, et d’un tourisme balnéaire bien réel à Ramsar, Lahijan ou Noshahr. Son statut juridique n’a été clarifié qu’en 2018, par la Convention d’Aktau, signée par les cinq pays riverains.

Au sud, le golfe Persique et la mer d’Oman totalisent près de 2 900 kilomètres de côtes iraniennes — 1 800 km sur le Golfe, 1 100 km sur la mer d’Oman —, pour une profondeur moyenne d’à peine 50 mètres. On y trouve les îles de Qeshm, Kish, Hormuz, Larak, Abou Moussa, Sirri et Lavan, les grands ports de Bandar Abbas, Bandar Imam Khomeini, Chahbahar et Bouchehr, les champs offshore de South Pars, Forouzan et Salman, et une pêche active — thon, crevette, requin, dorade, sardine. Le détroit d’Ormuz, 54 kilomètres de large à son point le plus étroit, referme cet ensemble : 20 à 30 % du pétrole mondial y transite. On peut construire des pipelines pour contourner beaucoup de choses. Pas la géographie d’un détroit.

Sept voisins terrestres, enfin : Irak, Turquie, Azerbaïdjan, Arménie, Turkménistan, Afghanistan, Pakistan. Peu de pays touchent à la fois le Caucase, l’Asie centrale, le sous-continent indien et le monde arabe. On reviendra, dans le dernier acte de ce livre, sur ce que cette position vaut concrètement pour les corridors commerciaux en construction — le Nord-Sud vers la Russie et l’Inde, les routes chinoises, les échanges avec l’Irak.

L’Iran compte 31 provinces (ostans), et leur comparaison révèle un déséquilibre frappant : la province de Téhéran concentre près de 20 % de la population nationale sur moins de 1 % du territoire, avec un PIB par habitant très supérieur à la moyenne. Les provinces productrices de matières premières, elles, restent souvent nettement plus pauvres que ce que leurs ressources laisseraient supposer.

Une richesse dispersée, une activité concentrée
ProvincePopulationNiveau de richesseRessources dominantes
Téhéran~17 MTrès élevéServices, industrie, commerce, sièges d’entreprises
Khouzestan~5,5 MÉlevé (pétrole)Pétrole (60 % de la prod. nationale), sucre, blé, acier
Ispahan~5,5 MÉlevéAcier, pétrochimie, tourisme, tapis, université
Khorasan Razavi~7 MMoyen-élevéTourisme religieux (Mashhad), safran, noix
Kerman~3,5 MMoyenCuivre (Sar Cheshmeh), pistaches, dattes, tourisme
Fars~5 MMoyenPétrochimie, Persépolis, pistaches, dattes
Azerbaïdjan Est~4 MMoyenTapis, cuivre (Sungun), Tabriz industriel
Sistan-Balouchestan~3,5 MFaibleProvince la plus pauvre, pêche, chaleur extrême
Hormozgan~2 MMoyen (pétrole offshore)Ports, zone franche de Bandar Abbas, Qeshm, Kish
Khorasan du Sud~800 000FaibleSafran (1er mondial), tourisme désertique

La richesse en ressources d’une province ne garantit ni sa richesse ni son développement — un motif qu’on retrouvera, amplifié, dans l’Acte II.

Pour désengorger Téhéran, l’État a lancé une politique de villes nouvelles — Pardis, Hashtgerd, Andisheh, Parand —, des zones franches industrielles hors de la capitale, une décentralisation administrative partielle, et des infrastructures régionales (autoroutes, voies ferrées, aéroports) censées désenclaver les provinces. Les résultats restent, à ce jour, limités : le déséquilibre territorial est ancien, structurel, et ne se corrige pas en une décennie.

Un mot, pour finir ce chapitre, sur ce que cette géographie coûte. La même tectonique qui a rempli les gisements du Zagros a rasé Bam en 2003 (26 000 morts), Rudbar en 1990 (50 000 morts), Tabas en 1978 (jusqu’à 25 000 morts), et déjà Boeen Zahra en 1962. La faille qui passe sous Téhéran, Masha-Fasham, peut produire une magnitude 7,5. Ce n’est pas une note de bas de page : c’est une donnée que tout urbaniste, tout investisseur, tout gouvernement iranien garde en tête en permanence, et qu’on aurait tort d’oublier en énumérant, comme la suite de ce livre va le faire, tout ce que le pays possède par ailleurs.

Reliefs, mers et villes
Figure de l’édition de référence
Sources et limites de lecture

Les massifs, les deux grands déserts et les villes sont localisés. Ces ensembles géographiques sont généralisés : il ne s’agit pas de courbes de niveau. Le contour des lacs ne décrit pas leur niveau d’eau actuel.

Natural Earth

Sept ensembles climatiques
Figure de l’édition de référence
Sources et limites de lecture

Synthèse éditoriale indicative des sept ensembles décrits dans le récit, et non zonage officiel ni classification Köppen-Geiger. « Tropicale chaude » désigne ici le littoral méridional chaud et aride. Les secteurs laissés clairs ne sont pas détaillés.

Iranica · Climate · Najafi et al. (2023)

Parution & extraits

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Pasargades© 2026 — IRAN, Cette Richesse Silencieuse

Chapitre 01 « Géographie et position » — Acte I · La Dotation.
Extrait d'« IRAN — Cette Richesse Silencieuse », Ata, Éditions Pasargades · figures et données : édition de référence.

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