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Robâïyat d'Omar Khayyâm

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Robâïyat d'Omar Khayyâm

Voyages en Iran – Pasargades
Publié par A. Irvani dans Littérature et Voyages · Lundi 03 Mar 2025 · Temps de lecture 29:30
Tags: RobâïyatOmarKhayyâmpoésie
Les Quatrains de Khayyam
Les Quatrains de Khayyam est le nom d’un recueil de quatrains attribués à Ghiyāth al-Dīn Abū al-Fath 'Umar ibn Ibrāhīm al-Khayyām de Nichapour, plus connu sous le nom d’Omar Khayyam. Ces quatrains furent composés en persan aux Ve et VIe siècles de l’hégire (correspondent respectivement aux XIe et XIIe siècles du calendrier grégorien) et reflètent principalement ses pensées philosophiques.

Ces poèmes, en raison du fanatisme ambiant, restèrent cachés de son vivant et ne furent pas compilés. Ils n’étaient connus que d’un cercle restreint d’amis proches ou furent transcrits sporadiquement en marge de certains manuscrits et ouvrages. Ce n’est qu’après sa mort qu’ils furent publiés, d’où les divergences quant à leur nombre exact et à l’authenticité de certains d’entre eux.

Khayyam vécut sa vie en tant que mathématicien et philosophe renommé. Pourtant, ses contemporains ignoraient ces quatrains, aujourd’hui source de sa célébrité et de son prestige. Au cours des derniers siècles, ils ont suscité un vif intérêt, ont été traduits dans de nombreuses langues et ont fait l’objet de multiples corrections et révisions.

Le plus ancien recueil compilé des quatrains de Khayyam porte le nom de Tarabkhaneh. La principale source bibliographique à ce sujet est l’ouvrage Les Quatrains de Khayyam dans les sources anciennes, compilé par Seyyed Ali Mirafzali, chercheur et spécialiste des quatrains. À ce jour, la plus ancienne collection authentique des quatrains attribués à Khayyam est le manuscrit de la bibliothèque Bodléienne d’Oxford, copié en 865 de l’hégire à Chiraz, soit trois siècles après la mort de Khayyam. Ce manuscrit contient 158 quatrains, mais selon Sadegh Hedayat, certains d’entre eux seraient apocryphes ou d’origine étrangère.

Avant l’établissement de corrections scientifiques, les recueils connus sous le nom de Quatrains de Khayyam étaient un amalgame confus d’opinions contradictoires et de pensées hétérogènes. Comme le souligne Sadegh Hedayat, il aurait été impossible, même pour une personne vivant cent ans et changeant de croyance deux fois par jour, d’avoir une pensée aussi disparate. Les erreurs des copistes et la négligence des scribes sont fréquentes dans l’étude des manuscrits, mais dans le cas de Khayyam, certaines modifications furent délibérées afin d’assimiler ses vers au courant mystique du soufisme. Hedayat affirme même qu’un des facteurs ayant contribué à la confusion autour de ses quatrains est que quiconque s’adonnait à la boisson et composait un quatrain, de peur de l’excommunication, l’attribuait à Khayyam.

Un autre problème est que de nombreux poètes, en imitant Khayyam, ont composé des quatrains, lesquels furent ultérieurement intégrés aux siens.

Caractéristiques littéraires Le quatrain est une forme poétique spécifique inventée par les Iraniens, constituée de deux vers, soit quatre hémistiches, où le premier, le deuxième et le dernier riment, tandis que le troisième peut être rimé ou non. Le mètre du quatrain est identique à celui de la phrase arabe Lā hawla wa lā quwwata illā bi-llāh. C’est le genre poétique le plus difficile, car sa brièveté ne laisse aucune place aux digressions, et pour qu’un poème soit réussi, le dernier hémistiche doit contenir toute la signification, les trois premiers n’étant qu’une préparation à sa conclusion. Il apparaît ainsi que Khayyam, au-delà de son savoir et de sa sagesse, possédait un talent poétique exceptionnel.

Khayyam ne suit aucun poète, ni dans la forme, ni dans le lexique, ni dans la pensée. Il est un créateur de style, n’usant que de la concision comme artifice poétique. Il exploite avec une telle maîtrise la simplicité des mots pour transmettre son message que cela semble aisé aux yeux des lecteurs. Son approche philosophique lui est propre et ne se retrouve chez aucun autre poète persan. Son langage est dépourvu d’artifice, et ses métaphores et comparaisons sont agencées avec une subtilité remarquable et une fluidité naturelle.

Usage des mots persans Un aspect frappant dans la poésie de Khayyam est sa précision dans l’usage des mots arabes. Il s’exprime soit exclusivement en persan, soit, à l’instar de Ferdowsi, en évitant au maximum les termes arabes courants en persan. Lorsqu’il emploie un mot arabe, c’est pour lui conférer un sens particulier. Cette particularité est d’autant plus remarquable que l’arabe était alors quasi officiel en Iran, la plupart des ouvrages scientifiques et religieux étant rédigés dans cette langue. Même plusieurs siècles après Khayyam, la poésie persane demeure largement imprégnée d’arabismes, ce qui différencie Khayyam et Ferdowsi des autres poètes iraniens.

Thèmes principaux Certains spécialistes de la culture persane estiment que les quatrains de Khayyam sont une critique acerbe des dévots hypocrites. Abdolreza Modarreszadeh, vice-président de l’Association internationale pour la promotion de la langue et de la littérature persanes, considère que Khayyam y dépeint la vanité du monde et l’éphémère existence humaine. La verve mordante de ses vers est un véritable fouet cinglant les religieux hypocrites.

Sadegh Hedayat
Dans son ouvrage Les Chants de Khayyam, Sadegh Hedayat classe ses quatrains selon plusieurs thèmes, dont :

Le mystère de la création Ces quatrains traduisent l’émerveillement et la perplexité de Khayyam face aux mystères de l’univers. Il s’interroge sur l’existence et demeure déconcerté devant les énigmes du monde. Cette approche se retrouve chez d’autres poètes persans avant lui, notamment Ferdowsi. Ceux qui ont embrassé le savoir et la sagesse, Et dans leur cercle brillaient tel un flambeau, N’ont su échapper aux ténèbres de la nuit, Ils ont dit un conte... et se sont rendormis. La douleur de l’existence Une partie de ses quatrains exprime les peines et souffrances du monde. Nous venons et nous partons sans nul profit, Où est la trame de notre existence ? Les purs esprits que le ciel tourmente Se consument et deviennent cendre... où donc est leur trace ? La fatalité L’un des thèmes centraux des quatrains de Khayyam est le déterminisme. Il vécut à une époque où la pensée ash’arite, qui prône le fatalisme, dominait. Il n’était pas lui-même un adepte de cette doctrine, mais le climat intellectuel et social de son temps l’y exposa. Ô toi qui es né du chiffre quatre et sept, Brûlé sans cesse par eux jusqu’à la fin, Bois ! Je te l’ai dit mille fois déjà, Quand tu seras parti, tu ne reviendras pas. Le cycle du temps Khayyam est l’un des poètes persans les plus célèbres à avoir dénoncé la vanité du monde et la précarité de l’existence humaine. Hélas ! La jeunesse s’est envolée Et ce printemps de la vie a fané. Mais que l’on me dise enfin : Quand est-elle venue ? Quand s’en est-elle allée ? Le rejet de l’immortalité Ses vers expriment l’idée que, après la mort, les particules du corps se désagrègent et réapparaissent sous de nouvelles formes dans le monde matériel. Chaque grain de terre foulé sous ton pas, Fut jadis un beau visage ou une étoile brillante. Éparpille la poussière avec respect, Car elle fut un jour un être aimé.

Le robâï, ou robâïyat (pluriel de robâï), est une forme poétique originaire de la littérature persane qui se caractérise par sa structure très spécifique. Traditionnellement, un rubaï est composé de quatre vers, agencés de manière particulière.

Structure du robâï : La structure du robâï repose sur une organisation des vers qui crée une symétrie et une musicalité distinctes. Les deux premiers vers riment entre eux, tandis que le dernier vers rime avec les deux premiers, formant une rime croisée avec le premier et le quatrième vers. Le troisième vers, quant à lui, est libre et ne suit pas de schéma rythmique ou de rime particulière. Cette structure donne au poème une allure de "quatrain en deux parties", où le premier et le second vers sont liés par la rime, tout comme le quatrième, tandis que le troisième vers, à la fois détaché et autonome, sert de point d’appui pour marquer un changement de rythme ou de thème.

Analyse selon Sadegh Hedayat Sadegh Hedayat, écrivain et traducteur persan renommé, décrit le robâï comme étant composé de deux distiques, soit deux groupes de deux vers (appelés beyt en persan). Cela signifie qu’un quatrain persan typique est en réalité constitué de deux unités de deux vers, chaque unité ayant sa propre structure rythmique et sonore. En d’autres termes, les deux premiers vers créent une unité poétique, suivis d’un vers libre qui introduit un certain lâcher-prise, puis le dernier vers rejoint de nouveau la structure des deux premiers, apportant une résolution ou une conclusion à l’ensemble.

Le rythme du robâï Le rythme dans un robâï est un aspect fondamental qui lui donne son caractère unique. Selon la tradition persane, les vers 1, 2 et 4 suivent un modèle rythmique précis, à savoir une alternance de syllabes longues et brèves. Ce modèle est généralement décrit par la séquence de longues (¯) et brèves (˘) syllabes : « ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ¯ ˘ ˘ ¯ ». Cette structure rythmique crée une musicalité particulière qui, lorsque maîtrisée par un poète accompli, peut devenir d’une grande puissance et d’une grande expressivité. Les vers 1, 2 et 4 sont ainsi enchaînés de manière régulière, ce qui donne un flux harmonieux, tandis que le vers 3, qui peut ne pas suivre ce rythme de manière stricte, offre une rupture ou une variation dans cette fluidité.

L'importance du robâï selon James Darmesteter James Darmesteter, orientaliste et philologue français du XIXe siècle, a mis en lumière l’importance du robâï dans la poésie persane. Selon lui, le robâï représente « la forme la plus puissante de cette poésie lorsqu’elle est maniée par un vrai poète ». Cette déclaration souligne la richesse et la profondeur de cette forme, notamment lorsque le poème est composé avec une maîtrise totale de la métrique et du rythme. En d’autres termes, le rubaï permet au poète de déployer toute sa créativité, tout en restant ancré dans une structure formelle qui valorise la musicalité et la beauté du langage. La capacité de jouer avec les ruptures rythmiques, les variations de ton et les rimes donne au robâï une souplesse et une puissance émotionnelle qui le distinguent.

Enfin, le robâï  est une forme poétique d'une grande richesse, où chaque élément de la structure — rime, rythme et choix des vers — sert à magnifier l’expression poétique. Sa composition, en deux distiques et un vers libre, donne une impression d’harmonie et de contraste, tandis que le rythme spécifique, avec son alternance de syllabes longues et brèves, ancre chaque rubaï dans une tradition musicale et poétique ancestrale. Le poème, selon Darmesteter, atteint son apogée quand il est maîtrisé par un poète capable de manipuler cette structure avec habileté, exprimant ainsi toute la puissance de la poésie persane.

Philosophie
Jusqu'à présent, cinq traités philosophiques d'Omar Khayyam ont été découverts, à savoir : Fi al-Kawn wa al-Taklif, Fi al-Wujud, Al-Diya' al-‘Aqli fi Mawdu‘ al-‘Ilm al-Kulli, Al-Jawab ‘an Thalath Masa'il, et Dar ‘Ilm Kulliyat Wujud. Parmi ceux-ci, seul le traité Dar ‘Ilm Kulliyat Wujud est rédigé en persan, tandis que les autres sont en arabe.

Par ailleurs, en l'an 472 de l'Hégire, Khayyam réalisa une traduction en persan du Khutba al-Tawhidiya d'Avicenne, à la demande d'un groupe de savants d'Ispahan.

Lors d'un voyage à Shiraz en l'an 473 de l'Hégire, Khayyam reçut une lettre d'Abu Nasr Muhammad ibn Abd al-Rahim Safari, grand cadi du Fars et ancien élève d'Avicenne, contenant deux questions sur l'existence et l'obligation religieuse. Avec le peu de temps dont il disposait, Khayyam rédigea un court traité qui peut être considéré comme une synthèse des opinions de nombreux philosophes islamiques sur ces deux sujets.

Dans cet ouvrage, il commence par poser les bases logiques du raisonnement, effleure rapidement la question de l'existence, avant d’aborder celle de l'obligation religieuse. Le traité Al-Diya' al-‘Aqli fi Mawdu‘ al-‘Ilm al-Kulli traite de la démonstration du primat de l’essence sur l'existence et explore la notion d’existence en tant qu’entité conceptuelle. Ce sujet constitue également le cœur du traité Fi al-Wujud, où Khayyam expose des arguments en faveur de cette thèse et réfute certaines objections que les philosophes antérieurs n'avaient pas examinées en détail.

Le traité Dar ‘Ilm Kulliyat Wujud, également connu sous le nom de Silsilat al-Tartib, est le dernier traité philosophique de Khayyam et le seul écrit en persan qui nous soit parvenu. Il est composé de plusieurs chapitres et a été rédigé en réponse à une demande répétée de Fakhr al-Mulk, haut dignitaire de Barkiyarokh, sultan seldjoukide, qui souhaitait un traité sur les principes universels de l’existence. Selon des indices historiques, il aurait été rédigé aux alentours de l’an 500 de l’Hégire.

Musique
Khayyam s'est également penché sur la musique et, dans son traité Al-Qawl ‘ala Ajnas al-Ladhi bi al-Arba‘a, il aborde la question de la division du quart de ton en trois intervalles correspondant aux modes sans demi-ton, avec demi-ton ascendant et avec un quart de ton.

Littérature
Les Quatrains de Khayyam
Khayyam passa sa vie en tant que mathématicien et philosophe éminent, tandis que ses contemporains étaient pour la plupart ignorants des quatrains qui lui sont attribués aujourd’hui et qui constituent la source principale de sa renommée. Ni Nezami Aruzi ni Abul Hasan al-Bayhaqi ne mentionnent son activité poétique.

À ce sujet, Sadegh Hedayat écrit :
Il semble que les poèmes de Khayyam, de son vivant, étaient dissimulés en raison du rigorisme ambiant et n’étaient connus que d’un cercle restreint d’amis proches. Ils étaient parfois notés en marge de manuscrits et d’ouvrages d’hommes de lettres, avant d’être diffusés après sa mort.

Le plus ancien ouvrage mentionnant Khayyam en tant que poète est Kharidat al-Qasr d’Imad al-Din al-Isfahani, écrit en arabe en 572 de l’Hégire, soit près de 50 ans après sa mort. Un autre ouvrage, Mirṣad al-‘Ibad de Najm al-Din Razi, rédigé environ un siècle après sa mort, évoque également Khayyam, mais de manière critique. Razi, un soufi rigoriste, fustige les idées jugées hérétiques du poète.

Les manuscrits anciens (antérieurs au début du 15e siècle) contenant les quatrains de Khayyam et ayant servi aux éditions critiques incluent notamment :

  • Tarikh-i Jahangusha : 1260-1261 de l'ère chrétienne.
  • Tarikh-i Guzida de Hamdallah Mustawfi : 1330-1331 de l'ère chrétienne.
  • Nuzhat al-Majalis : 1331-1332 de l'ère chrétienne.
  • Munas al-Ahrar : 1340-1341 de l'ère chrétienne.
  • Un recueil de poèmes et lettres découvert par Saïd Nafissi à la bibliothèque du Parlement iranien, daté de : 1349-1350 de l'ère chrétienne.
  • Une anthologie trouvée par Qasem Ghani contenant une sélection de poèmes de trente auteurs, parmi lesquels cinq quatrains de Khayyam.

Après élimination des doublons, 57 quatrains peuvent être attribués à Khayyam avec un degré de certitude relativement élevé. Ces poèmes constituent une clé essentielle pour distinguer les vers authentiques des interpolations ultérieures. Le langage poétique de Khayyam est naturel, simple et exempt d'affectation. Il ne suit aucun modèle spécifique et ses quatrains ne relèvent pas d’une démarche purement poétique, mais servent de véhicule à ses réflexions philosophiques.

Outre ses poèmes persans, Hamdallah Mustawfi, Shams al-Din al-Shahrazuri et Qifti attribuent également 25 quatrains en arabe à Khayyam.

Les corrections des Quatrains de Khayyam
La notoriété de Khayyam en Occident en tant que poète est en grande partie due à l'Anglais Edward FitzGerald, qui traduisit ses quatrains en anglais et les fit connaître au monde entier. Cependant, Sadegh Hedayat affirme que plusieurs des poèmes inclus dans cette traduction ne sont probablement pas de Khayyam.

Avant que des éditions critiques ne voient le jour, les recueils de quatrains attribués à Khayyam étaient souvent incohérents, mêlant des pensées contradictoires et des influences divergentes. Comme le souligne Hedayat :

"Même si un homme vivait cent ans et changeait de croyance deux fois par jour, il ne pourrait produire un recueil aussi disparate."

L'erreur des copistes et les altérations volontaires ont souvent brouillé les versions des manuscrits anciens. Certains vers ont été modifiés délibérément pour les aligner avec les doctrines soufies. Selon Hedayat, beaucoup de poèmes attribués à Khayyam sont en réalité l’œuvre d’autres auteurs qui, par crainte de l’excommunication, les ont signés de son nom.

La première édition critique fiable des quatrains fut réalisée par Sadegh Hedayat, grand admirateur de Khayyam depuis son adolescence. En 1934, il publia une version élargie et plus rigoureuse sous le titre Taraneh-ha-ye Khayyam. Une autre édition notable fut celle de Mohammad Ali Foroughi en 1941.

Thèmes et pensée philosophique de Khayyam
Dans Taraneh-ha-ye Khayyam, Hedayat classe les quatrains selon plusieurs thèmes :

  1. Le mystère de la création,
  2. La douleur de l’existence,
  3. La destinée préécrite,
  4. Le cycle du temps,
  5. L’univers en perpétuel mouvement,
  6. Le carpe diem,
  7. L’absurdité de l’existence,
  8. La jouissance de l’instant présent.

De nombreux spécialistes estiment que les quatrains de Khayyam constituent une critique acerbe de l’hypocrisie religieuse. Selon Abdulreza Modarres Zadeh, secrétaire général de l’Association internationale de promotion de la langue et de la littérature persanes, Khayyam met en lumière la futilité du monde et l’impermanence de l’existence humaine. Son langage mordant cible les religieux hypocrites et dogmatiques.

Son influence s’est exercée bien au-delà de l’Iran, touchant des figures comme Hafiz, André Gide, Jean Lahor ou encore Mário de Andrade.

La Correction de Sadegh Hedayat
La première correction authentique des Robaiyat d'Omar Khayyam fut réalisée par Sadegh Hedayat. Dès son adolescence, ce dernier éprouva une profonde fascination pour Khayyam et entreprit de compiler ses quatrains. Plus tard, en 1313 de l’hégire solaire (1934), il affina son travail, le dotant d’une dimension plus scientifique et d’une longue introduction, avant de le publier sous le titre Les Chants de Khayyam. Une correction notable fut ensuite effectuée en 1320 (1941) par Mohammad-Ali Foroughi.

Il convient de noter que plusieurs Européens, tels que Joukowsky, Friedrich Rosen et Christensen, s’étaient déjà attelés à la correction des Robaiyat. Cependant, les critiques postérieurs jugèrent leur approche et leurs résultats insuffisamment fiables.

Khayyam dans la Culture Populaire et sa Réputation Universelle
Dans le monde entier, Omar Khayyam est reconnu comme poète, mathématicien et astronome. Toutefois, la véritable découverte de son œuvre par l’Occident se produisit après la traduction de ses poèmes par Edward FitzGerald. Cependant, de nombreux chercheurs contestent l’attribution de certains poèmes traduits par FitzGerald à Khayyam lui-même. Cette divergence a engendré une perception différenciée du poète entre les Iraniens et les Occidentaux.

L’influence de Khayyam sur la littérature occidentale est considérable : de Mark Twain à T. S. Eliot, il incarne la philosophie orientale et demeure un poète de prédilection pour les intellectuels du monde entier.

Après FitzGerald, ce furent les Français qui contribuèrent à la diffusion de l’œuvre de Khayyam en Occident. En 1867, Nicolas, alors consul de France à Rasht, réalisa la première traduction en français des Rubaiyat. Contrairement à FitzGerald, qui mettait l’accent sur l’aspect poétique de Khayyam, Nicolas le considérait comme un soufi. Cette méprise sur sa pensée amena Théophile Gautier à le voir comme un poète libertin. Néanmoins, cette interprétation suscita un grand intérêt des Français pour Khayyam.

L’orientaliste Ernest Renan, quant à lui, partageait l’avis de FitzGerald et considérait Khayyam comme un poète majeur préservant l’identité aryenne. Il interprétait sa capacité à exprimer des idées parfois hérétiques sous une forme mystique comme une forme de taqiya (dissimulation). André Gide, lui aussi, découvrit Khayyam grâce à FitzGerald, et l’on retrouve certaines influences de ses quatrains dans Les Nourritures terrestres.

L’empreinte de Khayyam dépasse le monde littéraire : Martin Luther King et Abraham Lincoln avaient pour habitude de lire ses quatrains avant de s’endormir. Martin Luther King évoqua d’ailleurs Khayyam dans l’un de ses discours sur la guerre du Vietnam. Bill Clinton, lors d’un discours d’excuses à la suite du scandale sexuel qui l’éclaboussa, fit également référence à un quatrain de Khayyam.
Le célèbre vers de Khayyam :

"Sur la tablette du destin, tout est déjà écrit…"

a inspiré non seulement la gravure ornant la Bibliothèque de l’Institut des études régionales de Leyde, mais aussi le titre du roman Le Doigt de Dieu d’Agatha Christie.

L’Hommage aux Savants Persans
En juin 2009, la République islamique d'Iran offrit au siège des Nations Unies à Vienne une sculpture architecturale en forme de chahartaqi (pavillon à quatre arches), mêlant des éléments du style achéménide et islamique, afin de symboliser le progrès scientifique pacifique. Cette structure, placée à droite de l’entrée principale, abrite les statues de quatre éminents philosophes persans : Omar Khayyam, Abou Reyhan Biruni, Zakaria Razi et Avicenne.

De même, en avril 2016, à l’initiative du directeur de l’Association internationale de la culture iranienne, une statue d’Omar Khayyam, réalisée par Hussein Fakhimi, fut inaugurée à l’Université d’Oklahoma lors d’une cérémonie rassemblant de nombreux admirateurs de la culture persane. Parmi les orateurs figuraient David Boren, alors président de l’université, ainsi que l’ancien gouverneur et homme politique démocrate de l’Oklahoma, qui rendirent hommage à cet illustre poète et scientifique.

Qu’importe ce qui adviendra !
Une part essentielle des quatrains de Khayyam invite à l’insouciance face aux vicissitudes de l’existence et à la quête du plaisir immédiat. Son attachement marqué au vin et aux réjouissances a façonné, dans l’imaginaire collectif, l’image d’un homme libertin, un épicurien dévoué aux plaisirs terrestres. Pourtant, la réalité est tout autre.

Dans la poésie persane, et plus particulièrement chez les grands poètes, le vin n’est pas seulement une boisson ; il se pare de significations symboliques et métaphoriques. Il ne s’agit pas d’un simple breuvage enivrant, mais d’une essence poétique, choisie pour enrichir et sublimer le langage du vers.

Furûghî, dans la préface des Rubâ’iyât de Khayyam, écrit :
"Dans la poésie, le vin et l’amant sont souvent évoqués par métaphore. Mais il ne faut pas céder aux interprétations froides et réductrices qui, par exemple, assimileraient le vin de Hâfez au Coran ou son bien-aimé à un prophète. Il est néanmoins certain qu’en poésie, le vin symbolise bien souvent le détachement, la joie, l’oubli du monde ou encore la quête des subtilités de l’instant."

De même, ‘Alî Dashtî, dans ses recherches, affirme :
"Attribuer à Khayyam des quatrains prônant ouvertement la débauche ou attaquant les fondements religieux est une méprise absolue."

Sâdegh Hedâyat, quant à lui, estime que les louanges que Khayyam adresse au vin sont parfois teintées d’exagération, et qu’il est possible qu’elles aient été une forme de raillerie à l’égard des dévots et des dogmatiques.

Boire du vin et se réjouir est mon credo,
Me libérer du joug des dogmes, ma foi.
Quand j’ai demandé à l’épouse du Temps quel était son prix,
Elle m’a répondu : "Ton cœur en paix, voilà ma dot."

Khayyam exprime aussi, à travers ses quatrains, sa vision du néant et de l’absurde :

Ô ignorants ! La forme même de l’existence est un vide,
Et ce ciel azuré qui tourne n’est qu’un mirage.
Sois heureux, car en cette demeure du chaos et du néant,
Notre séjour n’est qu’un souffle – et ce souffle, rien.

Une grande partie de son œuvre célèbre l’instant présent, l’art de saisir l’éphémère par la fête et la joie. Ce n’est pourtant pas une pensée propre à Khayyam, mais une philosophie enracinée dans la culture iranienne bien avant l’islam. Toutefois, nul autre n’a su, comme lui, en faire la pierre angulaire de sa poésie.

L’érudit et historien iranien Abdolhossein Zarrinkoub écrivait :
"Certes, bien des pensées et des plaisirs humains défient la raison et la logique, mais le cœur, lui, dicte que s’abandonner à ces illusions est un délice, et que ce délice est la seule récompense aux souffrances de l’existence. Car si la vie était dénuée de tout plaisir, elle ne serait qu’un tombeau froid et muet, indigne de l’effort d’être vécue."

Viens, mon ami, et n’angoissons point pour demain.
Cueillons cette heure fugace, elle est un bien précieux.
Car lorsque nous aurons quitté cette antique taverne,
Nous boirons aux côtés de ceux qui sommeillent depuis mille ans.

Bois, car voici l’éternité offerte en un instant,
Et voici tout le gain de notre jeunesse fuyante.
Les roses fleurissent, le vin embaume, les cœurs sont légers –
Savoure cet instant, car c’est là toute la vie.

L’influence de Khayyam sur la littérature
Baha'eddin Khoramshahi affirme que l’ombre de Khayyam plane sur les générations qui lui ont succédé. Selon l’intellectuel pakistanais Shibli Nu’mani, Hâfez fut l’un de ses plus brillants héritiers, développant sa pensée avec une foi plus affirmée et un regard plus profond sur l’au-delà.
Si Khayyam était un esprit libre et parfois désabusé, il n’en restait pas moins un croyant, conscient des périls de son époque. Redoutant autant les jugements des théologiens que les représailles des puissants, il manie souvent le langage avec une subtile ambiguïté. Parmi ceux qui ont subi son influence, on compte le grand poète mystique Attâr de Nishapour, dont l’œuvre Mokhtâr-nâmeh porte l’empreinte évidente de Khayyam.

Sâdegh Hedâyat, dans ses études, note également que si Hâfez a puisé de nombreuses images poétiques chez Khayyam, il n’a jamais pleinement embrassé sa philosophie. Toutefois, il a su habiller ses vers d’une beauté mystique qui leur confère une interprétation soufie. À l’inverse, Khayyam, plus direct, ne cherchait pas à masquer ses pensées sous des voiles d’ambiguïté :

Hâfez écrit, prudent :
"Le jardin du Paradis est beau, certes, mais prends garde !
Savoure plutôt l’ombre de ce saule, près du ruisseau."

Tandis que Khayyam déclare sans détour :
"Ils disent qu’au Paradis couleront vin et miel,
Eh bien ! Si nous choisissons ici-bas le vin et l’amour,
Pourquoi nous en blâmer, puisque c’est l’avenir promis ?"

L’aura de Khayyam s’est répandue bien au-delà des terres persanes. Maurice Bouchor lui consacra une pièce, Le Rêve de Khayyam, et des écrivains comme André Gide ou Armand Renault ont puisé à sa source. Son influence s’étendit jusqu’en Amérique latine grâce aux traductions du poète Cristóvam de Camargo, et en Europe par les vers de Jean Lahor, Charles Grollou ou Marc Jean Bernard.

L’héritage des Rubâ’iyât
Aucune anthologie officielle de ses quatrains n’a été compilée de son vivant, ce qui a donné lieu à bien des controverses quant à l’authenticité de certains vers. Des chercheurs iraniens et européens ont tenté d’en extraire l’essence véritable.

L’une des premières tentatives fut celle d’Arthur Christensen, qui chercha à distinguer les quatrains authentiques des apocryphes en se basant sur les occurrences du nom de Khayyam. Toutefois, cette méthode se révéla imparfaite. Valentin Jukovski adopta une approche différente en éliminant les poèmes attribués à d’autres auteurs, tandis que Friedrich Rosen suggéra que seule la cohérence philosophique pouvait garantir l’authenticité d’un quatrain.

En Iran, Gh. Rashid Yasemi fut le premier à entreprendre ce travail en 1924, suivi par Sâdegh Hedâyat, qui publia en 1934 Les Chants de Khayyam, une sélection rigoureuse de 119 quatrains. Mohamed Ali Foroughi, en 1941, enrichit cette œuvre en puisant dans les manuscrits anciens de Turquie et d’Iran pour compiler 178 quatrains.

La postérité de Khayyam
Le seul document historique attestant avec certitude de l’authenticité de certains quatrains de Khayyam est le manuscrit Mounes al-Ahrâr, datant de 1340. Il recense treize quatrains qui, par leur style et leur essence philosophique, s’accordent parfaitement avec sa pensée.
Ainsi, malgré le passage des siècles et les altérations de l’histoire, l’écho de Khayyam résonne toujours, aussi vibrant et intemporel que le chant du vin versé dans une coupe.

Les aspects essentiels de l'œuvre et de la pensée d’Omar Khayyam :
  1. Philosophie de Khayyam (insouciance, plaisir, absurdité du monde, scepticisme religieux).
  2. Symbolisme du vin et des images poétiques (métaphores, ambiguïté).
  3. Influence sur la littérature persane et mondiale (Hâfez, Attâr, traductions occidentales).
  4. Authenticité des quatrains et recherches modernes (travaux de Christensen, Hedâyat, Foroughi).

Cependant, il manque peut-être quelques éléments pour être totalement complet :
  1. Contexte historique et social : Khayyam vivait sous la dynastie seldjoukide, une époque de tensions entre science et religion. Son scepticisme pourrait être une réponse à ce climat.
  2. Son rôle scientifique et philosophique : Mathématicien et astronome de renom, il a contribué au calendrier persan et écrit des traités de logique et de métaphysique. Cela influence-t-il sa poésie ?
  3. La question du soufisme : Certains ont tenté de relire Khayyam à travers un prisme mystique. Même si cela semble éloigné de sa pensée, il serait intéressant d’expliquer pourquoi.
  4. Réception en Orient vs Occident : En Occident, on l’a souvent perçu comme un épicurien hédoniste (notamment via la traduction d’Edward FitzGerald), tandis qu’en Iran, il reste plus controversé.


Mausolée de Khayyam
Le mausolée d'Omar Khayyam (inauguré le 2 avril 1963 / 12 Farvardin 1342) est le lieu de sépulture d'Omar Khayyam, l'une des principales attractions touristiques de Nichapur, un symbole de la ville et un exemple remarquable de l'architecture iranienne moderne, conçu par Houshang Seyhoun et achevé le 6 Shahrivar 1341 (28 août 1962). Son design s'inspire de la vie, de l'époque et des pensées d'Omar Khayyam, mettant en avant ses trois facettes de mathématicien, d'astronome et de poète. Les structures entourant le mausolée évoquent la profession paternelle de Khayyam (fabrication de tentes). Le monument s'élève à 22 mètres et est constitué d'une structure en béton avec un noyau métallique. Il se situe dans un jardin en périphérie sud-est de Nichapur.

Ce monument a été inscrit le 9 décembre 1975 sous le numéro 1175 comme l’un des monuments nationaux d’Iran.

Historique du mausolée de Khayyam
Après la mort d'Omar Khayyam en 1123 ou 1134, son corps fut enterré dans le cimetière central de Hira à Nichapur, sans mausolée particulier. Nizami Aruzi rapporte qu’en 1112, lors d’une réunion à Balkh, Khayyam déclara :

« Ma tombe sera placée à un endroit où, chaque printemps, la brise du nord fera pleuvoir des fleurs sur moi. »

Lorsque Nizami Aruzi visita Nichapur en 1136, il se rendit sur sa tombe et constata que des fleurs d’abricotiers recouvraient entièrement sa sépulture, confirmant ainsi la prédiction de Khayyam.

À l'époque moderne, la tombe de Khayyam était située à l'est de la mosquée Mohammad Mahrouq, dans une petite pièce en forme d'iwan. Des visiteurs étrangers ont souvent exprimé le souhait qu’un mausolée soit érigé pour honorer Khayyam, mais le gouvernement iranien ne leur permit pas de le faire. En 1927, lors d’une proposition budgétaire pour la construction du mausolée de Ferdowsi, le député Abdullah Yasayi suggéra également de rénover la tombe de Khayyam, insistant sur l’importance de cet auteur dans le monde entier, notamment en Europe. Sa proposition ne fut pas retenue.

Jusqu'en 1934, la tombe simple de Khayyam resta inchangée. Lors de la cérémonie du millénaire de Ferdowsi, une visite officielle à la tombe de Khayyam déclencha une prise de conscience sur son état. Ainsi, l’Association du Patrimoine National décida de construire un premier mausolée en forme de plate-forme ouverte en pierre, située près de la mosquée Mohammad Mahrouq.

En 1959, Houshang Seyhoun fut chargé de concevoir un mausolée plus grand. L’ancien monument étant trop proche de la tombe de Mahrouq, une nouvelle structure fut érigée, inaugurée par la reine Farah Pahlavi le 2 avril 1963. L’ancien mausolée fut déplacé sur la place Khayyam à Nichapur.

Structure et conception
Le mausolée actuel se trouve dans un jardin historique et comprend une bibliothèque, un musée et une maison d’hôtes. Une statue de Khayyam est installée à l’entrée du jardin. Celui-ci couvre une superficie de 20 000 m², et le mausolée mesure 18 mètres de long, entouré de pins.

Ce monument est une fusion de l’architecture moderne et traditionnelle iranienne. Les inscriptions en carreaux de céramique losangés sur le mausolée portent vingt quatrains de Khayyam, écrits en calligraphie ta'liq par Morteza Abdolrasouli en 1959 sous la supervision de Seyhoun. Cette calligraphie, aujourd’hui tombée en désuétude, était l’une des premières formes d’écriture iranienne et largement utilisée du temps de Khayyam.

Houshang Seyhoun explique sa conception ainsi :
« La tombe de Khayyam se trouvait dans le jardin de l’Imamzadeh Mahrouq. Mon défi était de séparer ces deux sites. J’ai donc défini un axe transversal dans le jardin, éloignant le mausolée de l’Imamzadeh. Khayyam souhaitait être enterré dans un endroit où les fleurs tomberaient sur sa tombe au printemps. J’ai choisi un emplacement trois mètres plus bas que les abricotiers environnants, afin que leurs fleurs recouvrent naturellement la tombe. »

Le design du mausolée reflète les trois domaines de prédilection de Khayyam :

  • Mathématiques : Le monument repose sur dix piliers, le nombre 10 étant la base du système décimal. Chaque pilier est composé de deux lames diagonales qui se croisent pour former un motif complexe inspiré d’une formule mathématique.
  • Astronomie : L’intersection des lames forme des étoiles qui s’ouvrent sur le ciel de Nichapur. Vers le sommet du dôme, elles rétrécissent progressivement jusqu’à former une étoile à cinq branches.
  • Poésie : Dix grands losanges, ornés de vers calligraphiés en style nastaliq, décorent la structure. À l’intérieur, les mêmes losanges sont embellis de motifs floraux et végétaux en mosaïque de céramique.

Autour du mausolée, une grande cour circulaire a été aménagée, rappelant une tente, en hommage au nom de Khayyam (qui signifie "fabricant de tentes"). Des bassins en faïence turquoise, formant une étoile à sept branches, symbolisent les sept cieux et les connaissances astronomiques de Khayyam.

Le mausolée, ouvert sur son environnement naturel, respecte ainsi la volonté de Khayyam :

« Qu’au printemps, les fleurs pleuvent sur ma tombe. »







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